Depuis plusieurs années, le secteur culturel est le théâtre de profonds changements, bouleversant aussi bien les usages du consommateur que les pratiques des professionnels. Principalement, on observe le développement parallèle de deux phénomènes qui révolutionnent le monde de la culture et invitent les professionnels à repenser leurs méthodes, leurs modèles économiques et donc tout le contexte juridique et social. Le premier est l’émergence d’Internet et des nouvelles technologies, dont l’impact est considérable car ils constituent un extraordinaire outil de diffusion des œuvres, modifiant aussi bien les usages que la conception même du produit culturel. Le deuxième phénomène est la nécessité impérieuse pour les porteurs de projet de diversifier leurs sources de financement, pour ne pas s’en remettre exclusivement aux fonds publics.
Cette journée a pour ambition de rendre compte de cette révolution qui interroge le fameux « modèle français ». Les cinq thèmes retenus couvrent l’essentiel des secteurs professionnels de la culture. Ils permettront d’aborder des questions spécifiques ou plus transversales, ainsi que des enjeux d’ordres technique ou stratégique. Les défis que posent les nouveaux contextes d’économie, de droit et d’usages qui émergent actuellement requièrent des mises en perspective qui susciteront débat.
Au cours de la matinée, les discussions auront une dominante juridique, se focalisant aussi bien sur les nouvelles situations de l’auteur, que sur la mutation des pratiques professionnelles. L’après-midi sera davantage dédiée à la dimension économique. La question des sources de financements issues des entreprises sera plus particulièrement étudiée, en s’appuyant aussi bien sur les relations entre stratèges de la communication et producteurs de contenus; que sur les effets tangibles de la volonté politique d’encourager et de favoriser le mécénat. Enfin la dernière table analysera les conséquences de l’hybridation et des nouvelles pratiques sociales sur Internet, qui font émerger de nouveaux protagonistes, se situant à mi-chemin entre la logique professionnelle et les démarches communautaires.
Notre souhait est de réunir experts, spécialistes et chercheurs pour qu’ils échangent, débattent, réfléchissent ensemble, afin de poser quelques jalons de prospective.
10h > 11h30 : L'auteur immatériel : la place de l'auteur face à la dématérialisation de l'œuvre
Partenaires :
Maître Pascal Alix - Cabinet Virtualegis
Maître Virginie Bensoussan Brulé - Avocate
Séverine Dupuy Buisson - Professeur à l'EAC
Pascal Rogard - DG de la SACD
Hervé Rony - DG du SNEP et futur DG de la SCAM
Rémi Bouton - Journaliste indépendant, fondateur de ProMusic France



Hervé Rony... Pascal Rogard, entre autres intervenants, éclaireront de leurs lumières ce débat très actuel.
A l’heure d’Internet, la situation de l’auteur au regard de l’exploitation de son oeuvre et des bénéfices qu’il doit légitimement en retirer devient parfois problématique. Les formats numériques, conjugués aux extraordinaires facilités de communication permises par Internet, concourent à une diffusion sans entraves et libre des produits culturels, qu’il est difficile d’encadrer. Le projet Google Books et la situation de l’industrie du disque sont les manifestations ou conséquences les plus frappantes de cet état de fait. Par ailleurs, l’aisance d’accès aux oeuvres a permis à la gratuité de s’insinuer comme une évidence dans l’esprit des consommateurs ; ainsi, nombreux estiment qu’ils n’ont pas à payer pour un produit qu’ils peuvent se procurer gracieusement.
Au-delà du « piratage », la rétribution de l’auteur pour son oeuvre immatérielle doit être pensée et de nouveaux modèles envisagés. Contrairement à l’idée reçue selon laquelle il y aurait un vide juridique, un droit spécifique existe en la matière, comme le prouvent les lois Hadopi 1et 2, ainsi que les mesures prises pour lutter contre la contrefaçon.
Le Web 2.0 est également un puissant vecteur de création de nouveaux usages : jeux vidéos, mondes virtuels, sites collaboratifs et contributifs constituent de facto des espaces où l’internaute est pourvoyeur de contenus et peut en attendre un profit. Entre autres exemples, on peut citer l’initiative du blog Overblog, qui a décidé de rémunérer ses contributeurs en fonction de leur audience ; le cas de du jeu virtuel Second Life est également intéressant, puisque chaque joueur y conserve son droit d’auteur.
Dans ces domaines neufs, les usages, modèles économiques et règlements restent à inventer.
12h00 > 13h30 : La responsabilité des professionnels dans les transactions relatives aux oeuvres d'art
Partenaires :
Armelle Baron - Experte en tableaux anciens, Présidente de la CNES
Maitre Hervé Chayette - Comissaire Priseur, Président du SYMEV
Henry de Danne - Administrateur du SYMEV Syndicat des Maisons de Ventes
Pierre Dumonteil - Syndicat National des Antiquaires SNA
François Duret Robert - Journaliste
Jacques Fingerhut - Docteur en droit, spécialiste Fiscalité du marché de l'art
Michel Gomez - Président du SNCAO
Marie-Claire Marsan - Déléguée générale Comité Professionnel des galeries d'art



Pierre Dumonteil, Michel Gomez et Henry de Danne seront, à n'en pas douter, des orateurs fort écoutés.
La transaction des oeuvres d’art entre professionnels engage fortement la responsabilité des acteurs de cet échange. Cette responsabilité, qui peut être civile et pénale, commence de la même façon pour tous : avec l’expertise de l’authenticité de ces oeuvres. Néanmoins, force est de constater que cette responsabilité diffère grandement d’une profession à l’autre. Experts, commissaires-priseurs, conservateurs de musées, antiquaires, huissiers de justice, galeristes, notaires, etc., ne subissent pas les conséquences de leur expertise de la même façon. De plus, tous n’ont pas la même qualification, et donc la même légitimité, à expertiser ou effectuer une prisée.
Or, si l’on sait dire à quel moment il faut parler de responsabilité, il est plus complexe de définir pourquoi et comment porter les nombreux litiges devant les tribunaux. Cette situation démontre que, même pour les acteurs professionnels, le cadre de la transaction et de la responsabilité des diverses parties reste un point confus. En effet, la dispersion du marché de l'expertise entre de nombreux opérateurs, l’accumulation relative des taxes et assimilés, ainsi qu’une rémunération souvent insuffisante au regard des importantes responsabilités encourues (en moyenne, responsabilité de 5 à 10 ans sur une expertise) créent souvent des conflits d'intérêt, sinon dans les faits, du moins dans l'esprit des acheteurs.
En l’état, il est donc indispensable de discuter des réglementations en vigueur dans le marché de l’art selon le statut de chacun. Ce débat audacieux, rapprochant des secteurs qui ne communiquent pas forcément au quotidien, sera donc une occasion unique pour ces acteurs du marché de l’art de se rencontrer et de dialoguer sur la base de l’ouverture et de l’enrichissement. Les passerelles ainsi créées permettront de pointer les dysfonctionnements, pour envisager et proposer des aménagements et des solutions concernant la responsabilité des professionnels dans les transactions d’oeuvres d’art.
14h30 > 16h : Brand Content : entreprises et créateurs. A vos Marques. Prêts ?
Partenaires :
Alex Berger - Fondateur d'Entjoy
Daniel Bô - PDG Qualiquanti
Laure de Carayon - Consultante et Productrice free lance en Brand Content
David Hanau - Responsable des contenus Aegismedia
Ingrid Jansen - Auteure réalisatrice, membre de la commission audiovisuelle de la SCAM
Jacques Kluger - Co-président Advenstudio
Adrien Moisson - Fondateur d'Elegangz



Daniel Bô et Jacques Kluger nous expliqueront pourquoi le Dr House aime tant Apple...
L’objectif du Brand Content est de développer une relation de proximité avec l’utilisateur/consommateur et d’améliorer la popularité d’une marque et son positionnement. Il regroupe à la fois des pratiques assez anciennes, consistant à utiliser un contenu artistique comme vecteur de communication – c’est le cas du placement de produit par exemple –, et des usages inédits initiés par Internet.
En raison des bouleversements induits par la révolution numérique et qui affectent également le monde de la communication, nombre de professionnels voient dans le Brand Content une planche de salut. Or la tentation sera grande pour les annonceurs de considérer les contenus qu'ils soutiennent ou suscitent comme de simples vecteurs de leurs messages, ce qui pose avec une acuité particulière le problème de la liberté de création.
Autour de cette question centrale, s’articulent plusieurs champs de réflexion qui touchent les modalités de collaboration et de négociation entre créateurs, créatifs, producteurs et annonceurs. On s’interrogera en outre sur l’incidence des flux financiers générés par la communication, aussi bien sur l’élaboration des contenus que le pouvoir de décision. Plus globalement, on tentera d’imaginer quelle posture adopter dans un pays qui place l'auteur au centre de son dispositif réglementaire.
16h30 > 18h : Le mécénat de proximité, un engagement culturel pour les PME
Partenaires :
Sébastien Borghi - Centre des Monuments Nationaux
Marianne Camus Bouziane - ADMICAL
Henry de Sonis - Fondation Banque Populaire
Ombeline Eloy - Fondation Royaumont
Stéphane Godlewski - Consultant en mécénat et en philantropie
Guillaume Robic - Centre Pompidou
Sophie Tuffnell - Directrice de All Mécénat
Isabelle Zigliria - Responsable formation et juridique ADMICAL (L'Association pour le Développement du Mécénat Industriel et Commercial.)
Eric Renard - PDG de la Phocéenne de Cosmétiques et membre du Bureau de la FEEF - Fédération des Entreprises et Entrepreneurs de France
Sophie Tuffnell - Directrice de All Mécénat
Guillaume Proust - Expert-comptable diplômé et Commissaire aux comptes, associé fondateur du cabinet GROUPE AEC, vice-président du Comité Mécénat du Conseil Supérieur de l'Ordre des Experts-Comptables.


Pourquoi le mécénat est-il un vecteur de communication ? Cette interrogation, plusieurs intervenants la prendront en charge. Parmi eux, Stéphane Godlewski.
Avant tout acte philanthropique, le mécénat est également un vecteur de communication, aussi bien interne qu’externe, pour les acteurs économiques qui le pratiquent.
Dans ce contexte, l’Etat a cherché à susciter des vocations en encourageant l’investissement de ces nouveaux acteurs. C’est pourquoi de nouveaux dispositifs et avantages fiscaux ont été récemment conçus, tels que le fonds de dotation par exemple, incitant les entreprises à consentir un effort pour soutenir la création culturelle. Or, il semble que ce sont avant tout les grandes entreprises qui sont les plus avancées dans ce domaine, et que leur générosité bénéficie essentiellement aux grandes institutions culturelles. Une telle situation est potentiellement dommageable pour les petites structures, qui se retrouvent exclues ou profitent peu d’un système mis en œuvre dans leur intérêt. Pour remédier à ce phénomène, le Ministère de la culture a passé un accord récent avec le Conseil Supérieur de l’Ordre des Experts-Comptables car, en tant que « prescripteurs les plus influents du mécénat d’entreprise », selon les termes de Frédéric Mitterrand, ils sont en mesure d’inciter les initiatives locales et de développer les actions de mécénat en région, en s’appuyant sur les PME rassemblées sous la forme de clubs d’entreprises ou d’associations. Aujourd’hui, on constate une réelle volonté des PME pour effectuer du mécénat de proximité afin de valoriser leur image citoyenne et de bénéficier d’une certaine reconnaissance.
Ces circonstances amènent à s’interroger sur les perspectives de développement offertes par l’implication nouvelle et grandissante des PME. Comment les mobiliser davantage ? Comment les inciter à entreprendre une action de mécénat ? Quels sont les accompagnements possibles ? Telles seront les questions posées lors de ce débat. D’autres, touchant la situation du petit porteur de projet ou l’élargissement de la population des donateurs, seront également discutées.
18h30 > 20h : NTIC : un tremplin pour les amateurs, un défi pour les professionnels ?
Partenaires :
Thomas Artiguebieille - co-fondateur Noomiz
Jacques Baillon - Directeur du Centre National du Théâtre
Pierre Baqué - Conseiller au cabinet du Ministère de l'éducation
Maître Virginie Bensoussan Brulé - Avocate
Jean-Marc Bourgeois - Vice Président Maison des Artistes
Journaliste indépendant, fondateur de ProMusic France
Jean Claude Edmé - Enseignant chercheur à Paris II
Seyive Koukoui - Co-fondateur de l'agence lafille
Olivier Reynaud - Airtiste.com
Bertrand Héllio - Producteur


En quel sens le Net représente-t-il un moyen de diffusion et un instrument de développement de carrière ? Rémi Bouton et Olivier Reynaud répondront à la question en s'appuyant sur des exemples musicaux.
Internet apparaît comme un formidable espace de visibilité, de diffusion et de communication. Les usagers ont très tôt saisi l’opportunité que pouvait représenter un tel outil, en en faisant un lieu de partage universel de leur passion, voire de leur talent. Ceci a permis l’émergence d’une population nouvelle, intermédiaire, ayant une pratique artistique allant au-delà du dilettantisme mais encore loin de la professionnalisation. Pour ces artistes en devenir, le Net représente à la fois un moyen de diffusion et un instrument de développement de carrière. Néanmoins, il convient de considérer avec circonspection ce qui ressemble à une aubaine, car il demeure compliqué de se distinguer dans la masse de l’offre à disposition du public.
On voit aussi apparaître dans les nouveaux modèles économiques issus de l’Internet, des intermédiaires particuliers dans la chaîne de valeur, entre l'artiste et le public : bloggeurs, contributeurs volontaires et désintéressés, community managers animant les réseaux sociaux. Ces derniers sont plus que de simples prescripteurs : experts donnant de la légitimité à l'offre, programmateurs de leurs propres canaux, prescripteurs, intermédiaires commerciaux d'une part ; et d'autre part simples consommateurs pouvant maintenant faire le choix de soutenir des projets et participer en donnant, préachetant, coproduisant, cofinançant, dans un espoir d'un retour sur investissement.
Par ailleurs, ce nouveau contexte invite les professionnels à se positionner face à des enjeux et usages inédits. Un débat entre experts permettra de tirer un bilan de ces dernières années et de s’interroger sur l’émergence d’une nouvelle catégorie de « semi-professionnels », tout en mesurant l’incidence de ces nouvelles technologies sur leur métier, en termes de production, diffusion, distribution et réglementation.
Entrée gratuite sur invitation - S'inscrire
Contact presse : carinegraff@groupeeac.com


A l'occasion de la Fête de la Connaissance, le métro porte les couleurs de l'école.