Mémoires d'avenir

Bien penser pour bien agir professionnellement : c’est l’intention qui commande tous les mémoires de quatrième année de l’EAC. De la place du cirque dans les actions de mécénat culturel jusqu'à une réflexion sur les revivals musicaux, en passant par des enquêtes portant sur l'exportation du cinéma français à l'étranger ou encore le statut de l'agent littéraire, ces travaux dynamisés par la notion de recherche/action, conjuguent subtilement savoir, savoir-faire, faire savoir d’une part et veille socio-économique et affinités avec les pratiques culturelles du siècle naissant d’autre part.

Fragments de lumière

La promotion 2009-2010 des mémoires de l'EAC comporte de véritables joyaux de finesse, de rigueur et de profondeur. En d'autres mots, certains travaux brillent d'un éclat particulièrement vif. En témoignent les propos de Madame la ministre, Catherine Lalumière. Celle-ci, marraine de l'étude d'Aurélie Païta (ESARTS MC 4), intitulée La France et la diversité culturelle, qualifie en effet le mémoire d'Aurélie "d'exceptionnel". Précisions.

Aurélie Païta nous présente Madame Catherine Lalumière et la nature et les enjeux de son mémoire sur la diversité culturelle.

Les études sont ponctuées de moments clés. La délibération du jury de mémoire en est une… Madame Lalumière a parrainé mes recherches et fait partie du jury. Je me sens très honorée d’accueillir de sa part de tels encouragements.

Il serait vain de retracer en quelques lignes son parcours et son engagement politique. Disons simplement qu’à cinq reprises Mme Lalumière s’est vue confier un Secrétariat d’Etat, qu’elle a été Ministre des affaires européennes et Secrétaire Générale du Conseil de l’Europe, le cœur de la défense des droits de l’homme en Europe. Aujourd’hui, Madame Lalumière mène la mission de sensibiliser le grand public à la citoyenneté européenne. Présidente de la Fédération des Maisons de l’Europe, elle s’attache à rencontrer les étudiants. L’entretien que j’ai eu avec elle a duré deux belles heures. Généreuse dans ses propos, pédagogue. Humaniste.

Cela fait du bien de rencontrer une femme comme Madame Lalumière.

Je reçois ses encouragements en plein cœur, et continue à travailler, à m’épanouir dans la voie que m’a ouvert mon mémoire : la défense et la promotion de la diversité culturelle.

Il y a soixante-quatre ans, sur les décombres du conflit le plus meurtrier de l’histoire de l’humanité, la fondation de l’Unesco était un acte de foi dans l’avenir du monde, un appel à l’action. Sa conviction : « les guerres prennent naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix. »

Quelle ambition plus haute que de servir l’unité et la paix dans le monde, par l’éducation, la science et la culture ? Et quelle mission est plus d’actualité !

Préserver les identités culturelles et faire vivre la diversité culturelle est une réponse vitale face au terrorisme, aux crispations identitaires, à la domination culturelle et aux violences de notre époque. Tel est l’enjeu de la Convention de l’Unesco sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles adoptée le 20 octobre 2005 par cent cinquante-quatre États, qui inscrivent dans le droit international la diversité, l’égalité et la dignité des cultures. Ces signatures représentent également un appel, un engagement à défendre la capacité créatrice, qui s’épanouit et s’enrichit au contact d’apports extérieurs.

Mon mémoire a cherché à comprendre la complexité des relations qui se tissent entre l’universel et la différence. A l’heure de la mondialisation et de la diversification culturelle de la société française, il cherche à identifier les pistes d’un vivre ensemble harmonieux entre individus et groupes venant d’horizons culturels variés.

« La société de diversité culturelle » qu’appellent de leurs vœux de nombreux acteurs culturels et chercheurs, ne pourra se réaliser qu’avec l’ensemble des citoyens. Ils doivent retrouver pleinement leurs responsabilités citoyennes, afin de co-construire une société où les cultures se reconnaissent, cohabitent, dialoguent et interagissent en paix. La reconnaissance de l’identité de chacun est fondamentale. En définitive, il s’agit d’organiser notre cohabitation. De tenter d’organiser avec un peu plus de réussite notre vivre ensemble, et à terme, la survie de l’humanité.

 

Aurélie Païta.

Mémoires, projets professionnels et tendances

Matthieu Rondinet, directeur des études à l'EAC, synthétise les tendances qui apparaissent, tant dans les mémoires que dans les projets professionnels.